Dérive d'horloge
Dérive d'horloge (en anglais clock drift) : écart de fréquence entre l'horloge d'une machine et le temps de référence, qui la fait avancer ou retarder progressivement, et que les démons NTP mesurent pour la compenser.
Elle s'exprime en ppm (parties par million) : 1 ppm vaut 86,4 millisecondes par jour. L'horloge matérielle d'un ordinateur, un quartz, dérive de quelques secondes par jour, davantage s'il fait chaud. Une machine virtuelle n'y échappe pas : sa cadence vient de l'hyperviseur (kvm-clock sur KVM), elle dérive aussi et peut faire un bond après une migration à chaud ou la restauration d'un instantané. Il ne faut pas confondre la dérive, une vitesse, avec le décalage (offset), l'écart instantané à un moment donné.
Un démon comme chrony apprend la dérive, la compense en permanence et la conserve entre deux démarrages (driftfile /var/lib/chrony/chrony.drift) ; chronyc tracking l'affiche sur sa ligne Frequency. C'est ce qui permet à une machine bien synchronisée de garder l'heure correcte pendant des heures si ses sources deviennent injoignables. Les conséquences d'une horloge qui dérive sans correction sont concrètes : journaux impossibles à corréler entre machines, certificats TLS et jetons jugés pas encore valides ou expirés, codes TOTP refusés. Avec une seule source, systemd-timesyncd ne peut pas détecter que cette source elle-même dérive.
Dans les cours
- Linux : administration système, leçon 9 : L'heure et sa synchronisation
- Linux : administration système, leçon 10 : Planifier des tâches : cron et minuteurs